1980

Le pays interdit

V

Dans les années 80, l’Afghanistan est un endroit difficile d’accès. Les premières missions humanitaires sont risquées. L’association AMI s’appuie sur des guides et fixeurs locaux pour pouvoir atteindre les villages reculés.

1979 : Création de l’association Aide Médicale Internationale AMI et de sa mission en Afghanistan

Juillet 1980 : Une équipe envoyée par AMI lance les premières actions en Afghanistan, à partir de la vallée de Waygal.

Décembre 1980 : Ouverture de la mission dans la vallée du Nuristan. Objectif: dispenser une formation médicale aux médecins et infirmiers afghans.

Aout 1981 : Mission exploratoire à Nangarhar. Objectifs: dispenser une formation et des soins, et mettre en place une chirurgie médicale pour les blessés de guerre.

Automne 1981 : Première mission dans le Nangarhar: chirurgie de guerre.

Novembre 1981 : Mission dans le Logar.

Printemps 1982 : Première mission dans la vallée de Waygal.

1983 : Un des médecins français de l’AMI, Philippe Augoyard, est pris en otage par les forces soviétiques. Les travailleurs humanitaires sont considérés avec suspicion par les gouvernements occidentaux, y compris la France. Des manifestations civiles sont organisées à Paris en soutien à l’AMI et à Philippe Augoyard. L’otage Augoyard est libéré après cinq mois, en raison de cette pression de l’opinion publique.

1985 : L’Afghanistan et la France arrêtent toute coopération culturelle. Les équipes médicales d’AMI décident de continuer à travailler sur la formation médicale du Pakistan.

1987 : AMI crée le programme «Formation médicale pour les Afghans» et ouvre une école-hôpital à Peshawar, avec des étudiants de diverses provinces afghanes, en cours de formation pour compléter une formation médicale. De 1987 à 1993, l’école comptait 7 classes d’élèves.

Le commandant Massoud, alias le « Lion du Panshir », figure de la résidence afghane. Les équipes d’Aide Médicale Internationale ont rencontré à plusieurs reprise ce chef de guerre légendaire, pour mettre en place un nouveau système de santé dans la vallée du Panshir

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Les « French doctors » exercent dans des hôpitaux de fortune et opèrent avec les moyens du bord pour soigner les civils blessés.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Au pied des montagnes, une partie de bouzkachi, sport national en Afghanistan. (jeu équestre ancestral)

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Le médecin Jean-Luc Brémont, en mission avec AMI en 82-83, a fait de terribles clichés de blessés. « Les mines antipersonnel, ça ne tue pas, ça vous arrache un morceau de jambe, des deux parfois, et un peu de l’entrejambe. Des amputations, j’en ai pratiqué des dizaines, une centaine peut-être. Ce qui me foutait en l’air, c’est de voir arriver des enfants avec des jambes arrachées. »

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Dans les années 80, les équipes humanitaires passent la frontière clandestinement, à dos de cheval. L’Afghanistan est encore un pays interdit.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

En pleine invasion soviétique, les civils afghans sont pris en étau entre l’armée et la résistance. Les familles subissent la guerre et ses conséquences.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Les équipes d’AMI mettent en place des formations médicales de base, pour faciliter l’accès aux soins même dans les zones les plus reculées.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Les « French doctors » exercent dans des hôpitaux de fortune et opèrent avec les moyens du bord pour soigner les civils blessés.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Les hivers afghans sont extrêmement rudes. Dans les zones rurales reculées, beaucoup des blessures de guerre sont en fait des brûlures sévères : des enfants qui tombent dans les fours à pain familiaux, et dont les blessures s’aggravent faute de pouvoir être soignés rapidement.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Les équipes médicales humanitaires sont mixtes. Seules des femmes peuvent approcher et soigner les femmes afghanes; il est important d’avoir les deux.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

Les médecins doivent parfois opérer à la simple lueur d’une torche, pour ne pas se faire repérer par les bombardiers soviétiques.

Crédit : Jean-Luc Brémont / Archives Aide Médicale Internationale

CHRONIQUE